Articles sur la santé

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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé

#616 Messagepar Arnaud BASSEZ » sam. févr. 18, 2017 3:50 pm

Publié le 09/02/2017
Suicide de Jean-Louis Mégnien: un « homicide involontaire » pour l’inspection du travail

Paris, le jeudi 9 février 2017 – Le 17 décembre 2015, le professeur de cardiologie Jean-Louis Mégnien, père de cinq enfants, mettait fin à ses jours en se jetant du septième étage de l’Hôpital européen Georges Pompidou. Différentes enquêtes avaient été immédiatement diligentées pour faire la lumière sur les circonstances de ce drame. Très vite, les difficultés professionnelles rencontrées par le praticien depuis plusieurs années ont été évoquées. Il est notamment apparu que le cardiologue semblait être la première victime de luttes intestines au sein du Centre de médecine préventive cardiovasculaire (CMPV). Après avoir été évincé de sa direction (en dépit d’un accord initial), le praticien a ainsi vu ses conditions de travail considérablement se dégrader (suppression de bureau et de secrétariat, attitudes méprisantes marquées etc.). Ses nombreux appels à l’aide étant demeurés sans réponse, le professeur Jean-Louis Mégnien a présenté les premiers signes d’une dépression, mais demeurait fermement attaché à son travail. Après un arrêt de travail de plusieurs mois, quelques jours après sa réintégration (nullement accompagnée par son service qui avait même fait procéder au changement de serrure du bureau du praticien sans l’en avertir), Jean-Louis Mégnien se suicide à l’hôpital.

Anne Costa épinglée

Les rapports publiés jusqu’à aujourd’hui n’ont pas voulu se prononcer sur l’impact du probable harcèlement subi par le praticien dans son passage à l’acte (sans parler du fait que les conclusions de l’Inspection générale des affaires sociales n’ont pas été rendues publiques pour le motif singulier qu’elles porteraient atteinte à certains des responsables de l’HEGP). Néanmoins, des dysfonctionnements certains ont été reconnus, que ce soit dans la procédure de désignation du chef du CMPV ou dans le traitement de la situation du praticien. Aujourd’hui, l’Inspection générale du travail va plus loin. Dans un rapport dont les conclusions sont révélées par le Figaro, il fait du suicide de Jean-Louis Mégnien un homicide involontaire. Toujours selon le quotidien, les conclusions des deux inspecteurs se montrent particulièrement sévères à l’encontre de l’action (et/ou de l’inaction) de la directrice de l’établissement, Anne Costa (qui doit bientôt quitter l’HEGP) dont la position a toujours été critiquée par les proches de Jean-Louis Mégnien. L’association des amis du cardiologue s’étonnait notamment récemment qu’aucune menace ne pèse sur la directrice de l’établissement, bien qu’elle ait probablement failli à sa mission d’arbitre impartial.

L’organisation avait été rudement critiquée pour cette dénonciation par plusieurs associations de directeurs d’hôpitaux. Mais aujourd’hui, le rapport de l’inspection générale du travail semble lui donner raison. Ce dernier a été transmis au procureur de la République de Paris, alors qu’une instruction judiciaire a déjà été ouverte. Cette nouvelle étape devrait sans doute relancer les demandes de l’association des amis de Jean-Louis Mégnien en faveur de la publication des conclusions de l’IGAS et d’une diligence plus soutenue dans la mise en œuvre de sanctions à l’encontre des directeurs d’hôpitaux suspectés de favoriser le harcèlement professionnel.

Aurélie Haroche

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Suicide d’un infirmier à l’HEGP : la communauté soignante de nouveau sous le choc
7 février 2017 | Malika Surbled

Après le suicide par défenestration d'un infirmier à l'hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP) dans la nuit de dimanche à lundi, la communauté soignante est de nouveau sous le choc.

Certes, le lien de causalité entre le passage à l'acte et le travail de l'infirmier n'est pas établi. Certes, l'infirmier n'était pas de service ce jour là. Mais il s'est défenestré depuis le huitième étage de son lieu de travail. Cette information, donnée par l'AP-HP n'est pas sans conséquences sur l'émoi des soignants. Et pose question.

Elle fait écho aux huit suicides de soignants- dont deux en lien formel avec l'activité professionnelle - qui ont eu lieu cet été en France. Elle survient aussi un peu plus d'un an après le passage à l'acte d'un cardiologue dans le même établissement. Suite à ce drame, l'HEGP avait été épinglé par l'IGAS. Lequel avait pointé des manquements dans le traitement d'un conflit qui avait conduit le geste du spécialiste, parmi lesquels "l'absence de signalement de sa souffrance".

N'ayant encore que très peu de données sur le suicide de cet infirmier dimanche, les informations qui circulent sur les liens de causalité sont à prendre avec précaution. Une enquête a été diligentée par la direction de l'hôpital européen Georges Pompidou pour comprendre les raisons du drame.

La cellule d'analyse des suicides a été saisie, en lien avec les représentants du CHSCT. D'autre part, Edouard Couty, qui a été nommé médiateur national dans le cadre d'un plan d'action pour prévenir le malaise des soignants et les situations conflictuelles à l'hôpital, a également été saisi.

Le SNPI s'indigne et dénonce les conditions de travail

De son côté, le SNPI (syndicat national des professionnels infirmiers) s'indigne. Au-delà du cas individuel de ce soignant, il fait le lien entre la souffrance au travail qui découle du plan de "désorganisation du temps de travail".

Pour Thierry Amouroux, le secrétaire général du SNPI, "les conditions de travail se dégradent un peu partout. La pression devient trop rude sur des professionnels que l'on pousse à bout. Ces réorganisations sont en rupture avec les valeurs soignantes et débouchent sur une maltraitance des soignants et la mise en danger des patients".
Vers une prévention des risques psycho-sociaux pour les infirmiers?

Ce suicide intervient alors qu'une stratégie nationale pour l'amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé a été mise en place en décembre dernier. Mesures de prévention des risques psycho-sociaux, suivi individuel des salariés. : 30 millions d'euros sur trois ans doivent être consacrés à la généralisation d'équipes pluri-professionnelles dans chaque GHT (Groupement Hospitalier de Territoire), en renfort des services de santé au travail. Constituées au minimum de psychologues, d'assistants sociaux et de conseillers en prévention des risques professionnels, elles contribuent à l'accompagnement des professionnels en fragilité ou de retour au travail après une longue absence. Si l'intention avait été saluée lors de sa présentation, les représentants infirmiers dénoncent néanmoins la faiblesse des moyens annoncés et une gestion des risques psycho-sociaux (RPS) prévalant sur leur prévention.

Marisol Touraine, à l'origine de ce plan, a exprimé par voie de presse sa "vive émotion" ainsi que son "soutien aux équipes de l'établissement ainsi qu'à l'ensemble des professionnels de santé, endeuillées par le drame".

Rédaction ActuSoins

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Publié le 18/02/2017
Un pacemaker, ça trompe énormément !

Middletown, Ohio, le samedi 18 février 2017 - En septembre dernier, Ross Compton, un citoyen de la ville de Middletown dans l’Ohio alerte les pompiers suite à l’incendie de sa maison. Il prétend avoir fui le brasier en toute hâte en emportant certains de ses effets personnels…

Troublé par le récit de cet homme, qui, bien que souffrant d’une grave insuffisance cardiaque, raconte l’histoire d’une sortie plutôt sportive de son habitation, les policiers demandent un mandat de perquisition de son pacemaker afin de recueillir les données y étant colligées.

Il est alors apparu qu’au moment des faits, son rythme cardiaque ne correspondait ni à un stress intense ni à un effort physique important.

De plus le cardiologue mandaté pour l’expertise a jugé qu’il était « hautement improbable que monsieur Compton ait été en mesure de collecter, emballer et retirer de nombreux éléments de la maison, quitter la fenêtre de sa chambre à coucher et transporter de nombreux objets volumineux et lourds (…) pendant cette courte période de temps en raison de son état de santé ».

Poursuivant leurs investigations, les enquêteurs ont décelé des traces d'essences sur la chemise, le pantalon et les chaussures qu'il portait ce soir-là, corroborant ainsi la piste d’une fraude à l’assurance…
Faut-il désormais faire un choix entre la santé et la vie privée ?

Si cette affaire peut prêter à sourire, elle éveille les craintes de certaines associations américaines. Ainsi, un représentant de l’une d’entre elles déclarait : « les Américains ne devraient pas avoir à faire un choix entre la santé et la vie privée. Obliger les citoyens à fournir leurs données de santé érode leurs droits » et ces propos traduisent les inquiétudes grandissantes concernant l’utilisation « détournée » des données de santé…

Frédéric Haroche

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Publié le 18/02/2017
Moi Président, j’abolirais le Numerus clausus

Paris, le samedi 18 février 2017 – A l’approche des élections présidentielles, pas un jour ne passe sans qu’une organisation, un syndicat, une institution ne se presse pour égrener une série de mesures à soumettre aux candidats. Dans le domaine de la santé, on a ainsi vu ces derniers jours la Fédération des médecins de France (FMF), la conférence des CHU ou encore l’Ordre des médecins décliner leurs propositions, toutes inspirées par un état des lieux complet et complexe de la situation. Le diagnostic pourtant n’est pas toujours si ardu à établir, tandis que le traitement pourrait être aussi simple que drastique. C’est notamment ce que préconise le Dr Daniel Wallach, auteur notamment d’ouvrages sur la démographie médicale. Son premier remède face aux enjeux qui s’imposeront demain au système de santé est simple : mettre fin au numerus clausus, dont il nous rappelle ici les nombreuses aberrations.

Par le Dr Daniel Wallach

Les préoccupations liées à la santé sont omniprésentes dans les conversations familiales comme dans les programmes politiques. Déserts médicaux, encombrements des urgences, nécessité d’être inscrit chez un médecin traitant, difficultés d’accès aux spécialistes, délais invraisemblables des rendez-vous de consultations, accès aux soins des populations précaires, on en passe. Les journaux, les forums de discussions, les réunions, fourmillent de ces constats et d’innombrables propositions de solutions, qui ont toutes leurs partisans et leurs adversaires.
Il me semble qu’une des causes essentielles de ces difficultés est la spectaculaire pénurie médicale organisée depuis 1971 par les décideurs qui ont mis en place et pérennisé le Numerus clausus.

Histoire du Numerus clausus

Tout a commencé en 1971. Les évènements de Mai 1968 avaient eu deux conséquences importantes : l’afflux de jeunes vers les universités, en médecine comme ailleurs, et la suppression du concours de l’Externat. Dorénavant, tous les étudiants de deuxième cycle devaient avoir des fonctions hospitalières. La motivation initiale du Numerus clausus a donc été de s’assurer que tous les étudiants auraient un stage digne de ce nom. On a recensé les stages avec évidemment des critères flous, et on a conclu qu’on pouvait admettre 8 588 étudiants par an. Ce n’était pas très éloigné des effectifs antérieurs, et on ne parlait pas particulièrement de baisser ce chiffre. Quoique présentée comme purement technique par le gouvernement, cette mesure a suscité des commentaires très politiques : approbation des organisations « de droite » peu désireuses de voir augmenter le nombre de médecins, critique des organisations « de gauche » qui voyaient là une restriction du savoir (critique universitaire) et une limitation de l’accès aux soins (critique sociale et médicale).
Au cours des décennies suivantes, et plus spécialement de 1975 à 2000, tous les gouvernements successifs ont diminué le chiffre du Numerus clausus, en se basant sur deux ordres d’arguments. L’un émanait d’économistes : « Il faut maîtriser les dépenses de santé », et l’autre de la profession médicale : « Il faut lutter contre la pléthore médicale ». Tous deux se sont révélés nocifs.

Il faut maîtriser les dépenses de santé

Dans les années 1970, les économistes ont constaté que les dépenses de santé augmentaient plus vite que le PIB et le consensus était que cela ne pouvait pas durer. Comment faire ? Agir sur la demande est difficile, on ne peut pas empêcher les gens d’être malades. On décida donc d’agir sur l’offre : fermetures de lits d’hôpitaux, limitation des achats de matériels coûteux (scanners, …) par exemple. Mais surtout, puisque toutes les dépenses médicales sont ordonnées par des médecins, il est apparu nécessaire de diminuer, ou du moins de ne pas augmenter le nombre de médecins. Et le Numerus clausus était pour cela un instrument parfait. On diminua donc le nombre d’étudiants admis à étudier la médecine en France, par voie gouvernementale, sans aucune référence au fait que la population augmente, vieillit, demande à être plus et mieux soignée, sans aucune attention au fait que la profession se féminise, que les métiers se transforment, qu’on travaille moins, ….

La crainte de la pléthore médicale

Confrontés à des économistes expliquant qu’il faut diminuer le nombre de médecins, les gouvernants ont logiquement pris l’avis de la profession concernée, et donc des syndicats de médecins libéraux. Ceux-ci ont une préoccupation prioritaire : éviter la pléthore médicale que laissaient craindre à la fin des années 1960 les bataillons d’étudiants inscrits en première année de médecine. Cette future pléthore était vécue comme synonyme de paupérisation, de démotivation, de chômage (qui n’a jamais existé mais était toujours invoqué), et aussi de fonctionnarisation, épouvantail de la médecine libérale. Donc les syndicats médicaux ont toujours été à la pointe du combat pour un Numerus clausus aussi bas que possible, et militaient en outre pour des reconversions, des réorientations, des retraites précoces.

Donc, tout le monde ou presque étant d’accord, voici la courbe éloquente du Numerus clausus :


Image


L’évolution du Numerus clausus entre 1971 et 2006.
Depuis, la lente remontée a été poursuivie, et en 2017 le Numerus clausus a été fixé à 8124, soit moins qu’en 1971.
(Courbe publiée dans le Quotidien du Médecin, le 23 Janvier 2007, et reproduite in :
Wallach D. Numerus clausus. Pourquoi la France va manquer de médecins. Springer, 2011)


Faits alternatifs ?

A l’époque, on ne parlait pas encore de post-vérité ni de faits alternatifs. Comment qualifier alors les affirmations sur les effectifs médicaux qui ont servi aux gouvernants à justifier les chiffres du Numerus clausus ?

Autour de 1990, alors que la France compte environ 170 000 médecins, une idée s’impose : il y a 30 000 médecins de trop. Qui le dit ? Presque tout le monde : la CNAM (Etude démographique, avril 1990), le Ministère de la santé et les groupes de travail réunis sur ce problème, les syndicats médicaux (selon la CSMF, 20 000 médecins de trop, bientôt 50 000). On parle de l’urgence de plans de reconversion, de « véritable plan Marshall… ». Les experts sont unanimes, quelle que soit leur orientation politique : Alain Minc en 1988 : « il faut d’urgence recycler 30 000 médecins » ; Michel Rocard en 1990 : « sans doute 30 000 médecins de trop » ; Raymond Barre en 1991 : « il faut diminuer "de façon drastique" le nombre d’étudiants en médecine ».

Cette unanimité alimente un Numerus clausus au plus bas.

A la fin des années 1990, certains responsables, toujours très minoritaires, commencent à se demander si tout ceci est bien raisonnable. Car les démographes pouvaient très facilement, à partir des chiffres de Numerus clausus et des départs en retraite, prévoir les effectifs médicaux futurs. Après une augmentation qui culminerait vers 2000-2010 avec environ 200 000 médecins, ce qui était présenté comme une catastrophe, on se dirigeait vers une diminution : entre 120 000 et 160 000 médecins à l’horizon 2030. Cette prévision d’une diminution spectaculaire des effectifs médicaux était attendue avec espoir par les partisans du Numerus clausus. Cet aveuglement unanime et durable laisse pantois. Pour être juste, mentionnons que deux groupes s’opposaient au Numerus clausus : les doyens des Facultés, qu’on accusait de ne rien comprendre à la réalité du terrain et de ne plaider que pour leur propre intérêt, et le Parti communiste, qui estimait que la population a besoin de médecins, mais que personne n’écoutait non plus. A la fin des années 1990, on commence cependant à s’apercevoir que les 30 000 médecins de trop n’ont jamais existé, qu’à peine quelques dizaines se sont reconvertis, pour des raisons personnelles, et que lorsqu’on arrivera dans les années 2000 à effectivement environ 200 000 médecins, tout le monde pourra constater que ce n’est pas la pléthore redoutée, le chômage et la paupérisation, mais au contraire le début d’une pénurie dont on n’a pas encore pris toute la mesure. Quelle vérité ? Qui croire ? Que savent les experts ? Comment décident les gouvernants ?

Ce n’est donc qu’à partir de 1998 que l’on commencera, timidement et avec toujours des controverses, à augmenter le Numerus clausus. Aujourd’hui en 2017, il est fixé à 8124, c’est-à-dire que le niveau de 1971 n’est pas encore atteint.

Faillite de la planification

L’instauration du Numerus clausus correspond à l’idée qu’il est souhaitable, et possible, de planifier les effectifs médicaux, de ne pas se fier au seul pragmatisme. Mais les planificateurs ont eu tout faux. Ils n’ont pas tenu compte du progrès médical, de l’augmentation des besoins médicaux, de l’accroissement de la population, de son vieillissement. Ils n’ont pas tenu compte de l’évolution de la société, des mentalités, de la diminution du temps de travail, de la féminisation salutaire de la profession, de la réalité de la pratique, des exercices non soignants, des diplômes non utilisés, du temps partiel, du manque d’attrait des zones rurales et des banlieues, …

Bref, ils ont empêché des dizaines de milliers de jeunes de devenir médecins, et ont privé la population de leurs services.

Que voit-on aujourd’hui ? Une profession durablement démoralisée (on ne répète pas impunément aux médecins pendant 30 ans qu’ils sont trop nombreux, qu’ils coûtent trop cher, qu’ils feraient mieux de faire autre chose, …), des médecins peu nombreux, surchargés, livrés en outre, c’est un autre problème, à des administrations qui ont la prétention de les diriger (administrations hospitalières et assureurs, publics et privés) en les soumettant à leur idéologie (économie, paperasse, …).

Et bien entendu, une fois le mal fait, des solutions, plus catastrophiques les unes que les autres, sont mises en œuvre ou envisagées : aller se former à l’étranger (pas en Angleterre ni aux USA, en Roumanie), partir pour échapper au concours d’entrée, revenir passer des épreuves de fin d’études où personne n’est recalé (les extraordinaires ECN). On se demande aussi si on ne pourrait pas admettre aux études de médecine, en court-circuitant le concours, des étudiants en lettres, en commerce, peu importe du moment qu’on ne leur demande pas de passer un examen exigeant…. On se demande aussi si des professions intermédiaires (comme les Physician assistants américains) ne pourraient pas venir soigner les pauvres ou les ruraux….

La suppression du Numerus clausus paraît une mesure de bon sens. Mais maintenant qu’il est si bien installé dans le paysage, sa suppression effraie. Que va-t-il se passer ?
Esquisse d’un monde post-Numerus clausus

Il est strictement impossible de fixer à l’avance les effectifs médicaux, que ce soit de façon globale comme le fait le Numerus clausus, ou spécialité par spécialité comme essaient de le faire les filières de troisième cycle. Ces effectifs dépendent de l’évolution de la société, de son organisation sociale et économique, du progrès médical.

La formation des médecins ne dépend pas d’une administration mais de l’Université. Cela pourrait être différent, mais dans notre Société, depuis environ 1000 ans, c’est ainsi.

Les établissements responsables de cette formation, Facultés ou UER ou UFR ou Instituts ou Ecoles ou ce que l’on voudra, sont extrêmement différents des autres établissements universitaires (lettres, sciences, droit, …) parce qu’ils forment uniquement au métier de médecin, qui a une importance particulière pour la population, et que pour ce faire ils ont un lien très fort avec les hôpitaux. Le terme de CHU désigne correctement ces Facultés-Hôpitaux.
Laissons-les donc travailler : sélectionner leurs étudiants (ce n’est pas difficile, le bac scientifique le fait très bien), valoriser le métier d’enseignant en médecine, contrôler la qualité de cet enseignement et organiser aussi la formation continue.
Tout ceci bien entendu au service des patients, ceux qui ont besoin de dormir à l’hôpital, ceux qui ont besoin d’un plateau technique hospitalier, et tous les autres, en ville, à la campagne, partout.
Inutile de donner un chiffre, c’est impossible. Certains médecins n’exerceront pas, d’autres auront des fonctions non soignantes (recherche, industrie, presse, administration), d’autres soigneront dans le secteur public, hospitalier ou ambulatoire, d’autres seront libéraux, la plupart auront un exercice mixte, beaucoup travailleront à temps partiel.

Les jeunes médecins ne peupleront pas les campagnes, mais aucun (jeune ou vieux) ne refusera d’y passer une journée par mois, ou moins, ou plus, correctement organisée. Mieux vaut payer un chauffeur à un spécialiste pour aller un jour par mois conseiller des populations éloignées des CHU que payer 30 ambulances pour amener ces patients à sa consultation.

Les défis que pose la santé de la population en ce vingt-et-unième siècle sont nombreux et complexes. Ils ne seront pas faciles à résoudre et donneront lieu à d’innombrables discussions. Mais il y a un préalable : cesser de limiter autoritairement et sans base rationnelle le nombre d’étudiants en médecine. Donc, Moi Président comme on dit, je commencerais par abolir le Numerus clausus.

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#617 Messagepar Arnaud BASSEZ » mer. mars 08, 2017 5:29 pm

ça commence à faire trop...


Publié le 08/03/2017
Suicide d’infirmières : un nouveau drame à l’AP-HP

Paris, le mardi 7 mars 2017 – Alors que les cortèges rassemblant des agents de la fonction publique hospitalière allaient s’ébranler hier après-midi, était confirmé le suicide d’une infirmière, retrouvée inanimée sur son lieu de travail à l’hôpital Cochin. L’émotion fut telle qu’immédiatement fut prise la décision par certains participants de rejoindre, en fin de parcours, l’établissement parisien. La multiplication des suicides observés chez les infirmières ces derniers mois constituent en effet le premier moteur de leur mobilisation. Ces drames, même si leur caractère multifactoriel n’est pas oublié, sont en effet le symbole ultime de la dégradation des conditions de travail, du sentiment prégnant de la perte du sens de leur activité et de l’épuisement de ces professionnelles.

Le choix du lieu n’est pas anodin

Les faits sont d’autant plus marquants, quand, comme dans le cas du drame survenu hier, le suicide est commis sur le lieu de travail. Comme le remarquait Sud Santé à propos le mois dernier de l’autolyse d’un infirmier de l’Hôpital européen Georges Pompidou (HEGP), quels que soient les facteurs déclenchant, le choix du lieu n’est pas anodin. « C’est bien dans son hôpital, sur son lieu de travail qu’il décide de mettre fin à sa vie. Ce n’est pas rien, cela signe à minima le fait qu’il n’y a pas trouvé le soutien dont il avait besoin », observait l’organisation. Hier, une femme d’une quarantaine d’années, infirmière de formation, travaillant au sein du département de l’information médicale (DIM) a ainsi été retrouvée inanimée dans son bureau de l’hôpital Cochin. Ses collègues ont tenté de la réanimer, en vain. Cet agent officiait depuis plus de 20 ans au sein de l’Assistance publique/hôpitaux de Paris (AP-HP) comme l’a indiqué cette dernière et avait été affectée au sein du

DIM il y a six ans.

Des difficultés connues

Il est toujours difficile de déterminer le poids des conditions de travail dans un passage à l’acte. Cependant, fait remarquable ici, l’AP-HP elle-même reconnait que ce « drame survient dans un service dans lequel des difficultés fonctionnelles et relationnelles avait été identifiées. Cela avait conduit à une enquête administrative menée par la DRH, à l’initiative de la direction du groupe hospitalier Paris Centre (…) et à une expertise du CHSCT » précise l’AP-HP. Olivier Youinou, secrétaire pour le syndicat Sud Santé a confirmé et complété ces informations auprès de l’Express. Les dérives en cause concernaient apparemment notamment la gestion du personnel. Si des recommandations ont bien été faites par la direction, elles n’auraient pas été parfaitement suivies, contrairement à ce que suggère l’AP-HP qui évoque une situation moins « aiguë ». « Certaines préconisations ont été énoncées, comme une réduction de la politique managériale accusée de maltraitance avec les agents, ou favoriser les départs des agents qui le demandaient, mais la direction n’en a pas tenu compte. Elle nie ses responsabilités » affirme le responsable syndical. L’agent qui s’est donné la mort aurait participé activement à la dénonciation des difficultés au sein du service. Après un long arrêt maladie, elle a réintégré son unité la semaine dernière et constaté la persistance de problèmes, avant de mettre fin à ses jours. Un enchaînement des faits qui rappellera à certains le tragique parcours du Professeur Jean-Louis Mégnien à l’HEGP.

L’organisation du temps de travail et les dérives managériales en question

Ce nouveau drame est cependant l’occasion d’observer une évolution dans la façon de réagir de l’AP-HP, désormais plus directe. Elle ne se contente plus en effet de convoquer les instances concernées (une réunion du CHSCT est prévue dès aujourd’hui) ou d’adresser ses condoléances aux proches, elle prend les devants pour évoquer les dysfonctionnements organisationnels qui auraient pu concourir au suicide de l’agent. De même, le ministère de la Santé s’est manifesté de manière plus rapide qu’après les premiers suicides rapportés par les syndicats et la presse au printemps et l’été dernier. Cette "sollicitude" ne devrait pas empêcher tant l’AP-HP que le ministère de la Santé d’être l’objet de nouvelles accusations et critiques. En effet, ce passage à l’acte apparaît comme la confirmation de dérives managériales fréquentes au sein de l’AP-HP et au-delà dans de nombreux hôpitaux. Par ailleurs, beaucoup établissent un rapport entre les suicides qui frappent l’institution parisienne et la nouvelle organisation du temps de travail. Ainsi, il y a un mois, le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) écrivait : « Notre syndicat ne peut que faire le lien avec la souffrance au travail qui découle du plan de désorganisation du temps de travail imposé par la Direction générale de l’AP-HP en septembre dernier, malgré une mobilisation du personnel pendant 18 mois. L’alternance imposée 15 jours du matin suivis de 15 jours d’après-midi, ne peut que se faire aux dépens de la vie privée. De même que la réduction du temps de chevauchement entre les équipes (12 mn pour 30 patients) perturbe les transmissions et augmente le risque d’erreur » écrivait le syndicat. Ce dernier insistait encore sur ce point en considérant que « Les politiques doivent faire le lien avec les suicides des soignants, et la hausse de la mortalité des patients (+7 %) et des erreurs de soins (+48 % en 4 ans) car on nous pousse à l’erreur avec de telles conditions de travail ».

Un nouvel appel est donc lancé une fois encore à Marisol Touraine dont les annones concernant la souffrance des soignants en décembre dernier sont considérées comme notoirement insuffisantes.

Aurélie Haroche

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A noter, suite à cette affaire, l'intervention sur RMC du professeur Lienhart, ancien chef de service du service anesthésie-réanimation du CHU parisien de St Antoine, recasé comme chef de service à l'hôpital des 15/20, toujours à Paris; Comme à l'accoutumée avec le pr Lienhart, les IADE sont passés sous silence.

Vers 9' 20''
http://podcast.rmc.fr/channel30/20170308_bourdin_2.mp3


Un anesthésiste de Besançon soupçonné de sept empoisonnements


Besançon, le mercredi 8 mars 2017 - Frédéric P. est un anesthésiste réanimateur, âgé de 45 ans, qui travaillait depuis 2004 au sein de la clinique Saint-Vincent à Besançon, établissement qui bénéficie d’une très bonne réputation. L’homme est apprécié de ses confrères et de sa hiérarchie. C’est un « garçon très professionnel, très au fait des nouvelles techniques et sur le travail duquel nous n'avions jamais rien eu à redire », décrit le Dr Dreyfus Schmidt, président du comité médical de l'établissement. Pourtant, à plusieurs reprises ces dernières années, des situations troublantes se sont produites systématiquement en présence du praticien. En 2008 et 2016, un homme de 53 ans qui subissait une intervention rénale et une femme de 51 ans, hospitalisée pour une fracture étaient morts dans des conditions inexpliquées. Par ailleurs, en 2009, des investigations avaient été conduites après « trois évènements graves » survenus dans une clinique du même secteur où le praticien avait exercé pendant quelques semaines. Cependant, l’enquête avait été classée sans suite. Et la réputation du praticien n’est pas apparue profondément entachée.
Une enquête en cours sur 40 autres cas suspects

Le doute est revenu hanter les équipes quand début janvier un patient endormi pour subir une intervention chirurgicale sans gravité est victime d’un problème cardiaque grave. L’homme est immédiatement réanimé avec succès par Frédéric P. Des analyses réalisées révèlent la contamination des poches de perfusion par de fortes doses de potassium et d’anesthésique. L’établissement fait alors procéder au changement de tout son matériel. Mais le 20 janvier, une situation similaire se répète, une nouvelle fois en présence de l’anesthésiste. L’étau se resserre alors et une enquête policière débute, qui bientôt confirme que dans ces deux cas au moins, l’introduction des substances ne pouvait relever que d’un acte « intentionnel et prémédité » selon le vice-procureur de Besançon, Christine de Curraize.

En début de semaine, l’homme a été mis en examen pour sept empoisonnements dont deux mortels. Il a été laissé en liberté provisoire sous contrôle judiciaire (ce qui étonne certains). Le praticien nie les faits, mais d’autres pourraient lui être imputés. Une quarantaine de cas suspects, dont une vingtaine mortels, survenus au sein de l’établissement ces dernières années, sont en effet actuellement passés en revue. En aucun cas, ces événements ne peuvent être considérés comme une forme d’accompagnement de la fin de vie, s’agissant de patients relativement jeunes et ne présentant généralement pas de pathologie sévère. Les inspecteurs relèvent que la motivation de l’anesthésiste pourrait d’avoir recherché l’adrénaline de la réanimation en exposant ses patients à de tels dangers.

M.P.

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#618 Messagepar Arnaud BASSEZ » sam. mars 25, 2017 3:34 pm

A lire l'article sur l'anesthésiste empoisonneur de Besançon. et en dessous, la réaction épidermique et ancillaire du SNARF, dont on est accoutumé.

Empoisonnements dans deux cliniques bisontines : le travail des anesthésistes est-il contrôlé ?

DOSES MORTELLES - Soupçonné d'avoir empoisonné sept patients à Besançon, dont deux mortellement, un médecin anesthésiste a été mis en examen lundi 6 mars. L’occasion de faire le point sur le contrôle du travail des anesthésistes.
13 mars 2017 15:31David DOUÏEB

http://www.lci.fr/faits-divers/besancon ... 28964.html

Lundi dernier, un médecin-anesthésiste a été mis en examen dans la ville du Doubs. Il est soupçonné, alors qu'il travaillait à la clinique Saint-Vincent et à la polyclinique de Franche-Comté, d’avoir empoisonné volontairement sept patients entre 2008 et 2017 dont deux mortellement. Un fait divers qui ne va pas manquer de poser la question du contrôle de l'activité de ces professionnels de la santé.Du potassium à dose létale

Pour rappel, l’anesthésie générale est un état qui s’apparente au sommeil. Elle est provoquée par l’injection de médicaments par voie intraveineuse ou respiratoire (des hypnotiques pour endormir le patient, des analgésiques pour diminuer sa douleur et des curares pour relâcher ses muscles). Et dans cette affaire, c’est bien le dosage réalisé par le médecin-anesthésiste de ces médicaments qui est mis en cause.


Lors d’une conférence de presse, la vice-procureure Christine de Curraize a notamment expliqué que des doses létales de potassium ou d’anesthésiques avaient été introduites "sciemment" dans des poches de perfusion de réhydratation, "où normalement, elles n’ont pas lieu d’être" en raison des risques pour le patient.


Cette affaire pose la question du contrôle du travail de l’anesthésiste. Lors d’une opération, il faut savoir que l’infirmier-anesthésiste et le médecin-anesthésiste s’occupent de bout en bout de l’anesthésie et de sa préparation et ce, sans ingérence du chirurgien. "Les médicaments et les perfusions sont généralement préparés par l’infirmier-anesthésiste, explique à LCI Béatrice Gibaud, infirmière-anesthésiste au CHU de Bordeaux. Il arrive parfois que ce soit le médecin-anesthésiste qui s’en charge, notamment en clinique".

Quand "un travail à quatre mains" est effectué à deux mains

"Pour faire des économies, certaines cliniques permettent à un médecin anesthésiste de s’occuper seul d’une anesthésie, complète Simon Taland, infirmier-anesthésiste lui-même et Secrétaire général du Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia). Pourtant, la recommandation professionnelle est de travailler à quatre mains. Mais celle-ci n'est pas force de loi". Le suspect aurait ainsi pu agir en toute impunité et préparer lui-même les doses sans être "parasité" par un collègue infirmier-anesthésiste.

D’autant qu’une préparation dangereuse ne peut pas être décelée lors d’une opération. "Les produits sont incolores, souligne Béatrice. Ainsi, si quelqu’un a injecté un produit mal dosé dans les perfusions ou dans les seringues, il est impossible de le savoir. Malheureusement, quelqu’un qui veut être malveillant dans un bloc opératoire peut l’être".

_________

La réponse du SNARF
Réponse à LCI
publié le 21-03-2017

Nous avons été étonnés par l'article que LCI consacrait au problème de nos confrères de Besançon. Cet article nous a choqué tant par la forme que par le fond.

Sur la forme tout d’abord, alors que les instances de l’anesthésie-réanimation gardent la plus grande discrétion et le plus grand respect de la présomption d'innocence pour un dramatique problème en cours d’enquête, les supputations et les déclarations de toutes natures n'ont pour but que de mettre en évidence celui qui les fait.

Nous avons vu que faute de déclarations fracassantes de société savante, de syndicat, voire même de confrères de l'anesthésiste incriminé, LCI s'adresse à un syndicat d'infirmiers anesthésistes, pourquoi pas un micro-trottoir !

Sur le fond, peut-être faut-il, pour expliquer ce que cela a de choquant, rappeler la place des différents intervenants de l’anesthésie-réanimation, d'autant plus que le Secrétaire général du SNIA s'autoproclame “collègue” des médecins anesthésistes-réanimateurs.

Dans le secteur libéral, nous avons des confrères médecins et des employés, soit mis à disposition par les établissements, soit que nous employons directement. En ce qui concerne les infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat (IADE), ce sont presque uniquement des employés des médecins- anesthésistes-réanimateurs. Les anesthésistes du privé, comme beaucoup d’anesthésistes réanimateurs européens, utilisent assez peu d’infirmiers anesthésistes pour leur remplir leur seringues, ils savent le faire, et quand ils emploient des IADE ils leur assignent d’autres tâches plus nobles et plus en rapport avec les compétences de ces excellents collaborateurs, comme la surveillance des anesthésies générales. L’anesthésie à quatre mains que prône le président du SNIA ne se retrouve dans aucun référentiel de bonnes pratiques, tout au plus dans une optique de gaspillage de ressources humaines chère à certains hôpitaux publics. Quant à un éventuel contrôle de l’anesthésiste-réanimateur par ses employés, je ne sais si c’est une pratique hospitalière mais dans le secteur libéral il est plus habituel de voir l’employeur contrôler ses employés et ses collaborateurs que le contraire !

Nous ne pouvons pas nous prononcer sur l’instruction en cours à Besançon, celle-ci doit se poursuivre dans le calme et ne doit être en aucun cas polluée par des déclarations syndicales hasardeuses. Il est malsain pour un syndicat de profiter d’une telle affaire pour avancer ses revendications catégorielles.

Seule une protocolisation sûre du parcours des médicaments et solutés, organisée dans le cadre d’une cellule de crise où travaillent conjointement les médecins anesthésistes-réanimateurs, le pharmacien de l’établissement et le personnel administratif encadrant le personnel de l’établissement peut sécuriser la pratique dans cet établissement et rassurer les équipes et les patients.

Le SNARF apportera son aide aux équipes touchées par ce drame pour retrouver une qualité et une sécurité nécessaire à une prise en charge sereine de leur patients.

Dr Christian-Michel ARNAUD, Président du SNARF


la prochaine fois que les médecins anesthésistes se permettront de parler pour les IADE, c'est-à-dire, la prochaine fois, nous ne garderons du micro-trottoir que le second mot.
la santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.

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#619 Messagepar La Grosse Bertha » sam. mars 25, 2017 8:15 pm

:shock:
Moi je dis qu'il faut se borner à demander du pognon niveau IADE, pour ça faut pouvoir faire grève. Une fois qu'on aura fait il suffira de menacer comme les docteurs.

Je reprends l'exemple des ouvriers du livre CGT, ils gagnent bien plus qu'un IADE, et s'ils s'étaient battus pour être éditeur ou ingénieurs, ils se seraient plus que probablement plantés, même en dépit des acquis avec l'expérience...

A chacun son métier les vaches n'en seront queue mieux gardées...

Bertie, N.A.D.A., subalterne de la Fiction Publique Hospitalière

Ou alors quand on veut jouer sur le tableau de la diplomerie faut aller jusqu'au bout de la logique et quitter la filière exécutante, car qu'on le veuille ou non l'anesthésie réa est une discipline médicale, pas infirmière ni intermédiaire, le jour où nos syndicats comprendront ça ils pigeront que les toubibs continueront à suspecter l'infirmier anesthésiste de vouloir leur piquer leur job en faisant faire des économies à l'Etat (du reste revendiqué pour les TIH) et par le chemin détourné des pratiques avancées ou autre subterfuge élaboré de linguistique, pour compenser la pénurie médicale. Nous avions une option pour mettre beaucoup de monde d'accord, un statut type SF à élaborer selon les paramètres de la discipline .

Pour le reste les tensions liées à l'actualité ne dispensent aucunement les représentants des MAR de rester zen, ni de raisonner en bonne intelligence et de faire un effort pour faire comprendre au public qu'ils ne sont pas seuls à œuvrer sur le terrain, même si ça ulcère quelques uns.

Personnellement j'aurais décliné de parler au micro en évoquant les problèmes de sécurité liés à l'actualité sans la présence à cette interview d'un MAR, qui peu ou prou est un responsable stratégique dorénavant, il faut rester logique.
Si on peut interviewer une sage femme pour parler de l'accouchement sans complication qu'elle peut mettre en pratique, au même titre que mère Nature, etc quant à nous, nous ne pouvons nous identifier à travers cet exemple en continuant à épouser pour le meilleur du pire (pour le confort de quasi absence de responsabilités?) la filière infirmière, cornettes beef, sauf si le sujet de discussion est de son ressort, son domaine où rôle propre.

Il ne viendrait pas à l'esprit d'une IBODE de Parler en public d'une erreur ou autre d'un chirurgien. Sauf que si d'aventure un chirurgien faisait l'économie d'une IBODE, en sollicitant régulièrement n'importe qui pour tenir un écarteur, un syndicat ou l'ONI pourrait s'en mêler pour exercice illégal d'IBODE.

Pour l'anesthésie seul le MAR est un pré requis , la présence de l'IADE, Si elle est souhaitée et recommandée, et je m'inscris perso dans cette configuration, elle n'est pas une obligation au sens de la loi pure et dure.

Nous IADE, ne décidons de rien, sauf urgence et absence du MAR, nous n'avons rien que nos petites références à nous qui nous permettent en gros de défendre notre existence en ayant prouvé par des/nos travaux que la sécurité dépend aussi de notre présence et notre qualification (et conditions d'exercice) quand on étudie l'évolution de la sécurité périanesthésique. Et même ce point ne peut qu'agacer certains MAR du privé qui se passent d'IADE. et notre collègue du SNIA en aura fait l'expérience et les frais , je suppose.

Il aurait dû dire auxiliaire privilégié ou collaborateur ou subalterne et heureusement qu'il n'a pas évoqué la confrérie qui était un casus belli assuré!
...

Je terminerai en disant qu'en presque 40 ans j'ai connu pas mal de situations et le plus honnêtement du monde et surtout en France, et c'est mon point de vue perso, je ne conçois pas une anesthésie sans un IADE, sinon je crois que Si j'étais sur table dans ces conditions, voire pire dans un SMUR, je flipperais mais grave de chez grave, déjà que je flipperais de toute façon. Et dans le privé j'ai connu des situations où il a avait plus de salle ouvertes que d'anesthésistes. Dans le public jamais ... Peut-être partagez-vous ou pas mon sentiment, mais c'est ainsi.

En même temps il faut que les journalistes se mettent à interviewer des subalternes vu qu'on nous promet des robots partout.

Au bout de tout cela soyons sûrs que notre fiche de paie est LA PREMIÈRE à nous rappeler que les IADE sont des subalternes, le reste suivra avec elle, consideration etc un jour peut-être...
Ouf suis A la retraite! Avec 1688 balles! Snif!
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#620 Messagepar La Grosse Bertha » dim. avr. 02, 2017 7:03 am

Dans la série sans suspens "tout est bon pour ne jamais rémunérer correctement les infirmières anesthésistes":

Voilà Encore du pognon qui évidemment n'existait pas à la dernière réunion avec la DGOS, et ses prédécesseurs, et qui , évidemmmmmmment, n'ira pas dans la poche des IADE!

Non non non il n' y aura jamais de pognon pour ce que savent faire les IADE...pour ce qu'ils sont:

Des N.A.D.A.

PEUT-ETRE DEVRAIENT-ILS REAPPRENDRE LA SIGNIFICATION DU MOT GREVE? au hasard....

Faut dire que là-bas le dialogue recto-social, contrairement à notre philosophie syndicale, on s'assoit FRANCHEMENT dessus
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#621 Messagepar Arnaud BASSEZ » ven. avr. 14, 2017 7:59 pm

Publié le 13/04/2017
Démissions en série d’infirmiers dans une clinique à Strasbourg

Le 27 février dernier, la clinique Rhéna, qui emploie plus d’un millier de professionnels de santé, ouvraient ses portes. Elle est née de la fusion des cliniques Adassa, Diaconat et Sainte-Odile.

Depuis, vingt cinq infirmiers (IDE) dont dix de bloc opératoire (IBODE) ont démissionné. Selon des témoignages ce sont les mauvaises conditions de travail qui seraient en cause. De plus, en un mois d'activité, la clinique a accueilli 8 600 patients dont 1 800 en chirurgie ce qui entrainerait une surcharge de travail pour les IDE et les IBODE.

Dans un mail adressé aux praticiens et que les Dernières nouvelles d’Alsace a pu consulter, la direction explique : « vous savez que nous avons eu à faire face à une vague importante de démissions et malgré nos efforts de recrutement pour renforcer l’équipe des infirmières en salle d’opération, nous restons en situation de sous-effectif au bloc opératoire (…) Nous devons donc adapter l’activité du bloc opératoire à l’effectif actuel (...) Nous devons réduire notre activité, au moins transitoirement ».

Au-delà d’un problème de "cadences infernales" certains pointent également l’état d’esprit qui a présidé à la fusion et l’erreur fondamentale d’avoir voulu regrouper sur un même site trois cliniques installées depuis des décennies qui plus est de trois obédiences religieuses différentes (catholique, juive et protestante). La structure est désormais située à la périphérie de Strasbourg alors que les trois précédentes étaient implantées en centre ville ce qui a provoqué à la fois une détérioration de l’environnement de travail et des difficultés supplémentaires d’accès pour les personnels.

Avis aux amateurs, la clinique recherche quinze IBODE expérimentés...

F.H.

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Les IBODE semblent enfin avoir compris le pouvoir qu'elles ont dans un bloc. Rien ne se fait sans elles. Quand on sait l'incompétence totale en la matière de certains dirigeants hospitaliers qui entre une instrumentiste et une circulante préfèrent supprimer la circulante...c'est dire le niveau de connaissance de ceux qui sont censés diriger un établissement de soin.

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Quand le professionnel de santé participe à l’excision…

Paris, le jeudi 13 avril 2017 – Populations et Société, le bulletin d’information de l’institut national d’études démographiques (INED) s’est intéressé ce mois-ci aux mutilations génitales féminines dans le monde. Outre ce que l’on savait déjà sur les zones géographiques et la prévalence de ces pratiques, et la bonne nouvelle de leurs reculs, on apprend, dans ces travaux menés par Armelle Andron de la Sorbonne et Marie Lesclingand de l’université de côte d’Azur, la tendance inquiétante de la participation de plus en plus fréquente des professionnels de santé aux excisions. Selon les auteurs, cette participation « sécurisante » pourrait même enrayer la tendance à la baisse de ces rituels ancestraux.

En effet, si dans la majorité des cas, les mutilations continuent à être faites traditionnellement, de plus en plus de filles sont désormais excisées par des professionnels de santé en milieu médical.

Le Fond des Nations unies pour les activités en matière de population (FNUAP) a d’ailleurs récemment condamné ce dévoiement.

À ce propos, les auteurs rappellent que l’excision à « visée médicale » a aussi existé dans les pays du Nord. Ainsi, tout au long du XIXe siècle (et jusqu’aux années 1960 aux États-Unis), des opérations de clitoridectomies ont été pratiquées dans un contexte de répression du saphisme. Ils rapprochent également ces pratiques avec les chirurgies de réassignation des nouveau-nés intersexués et le développement récent de pratiques de chirurgie esthétique génitale telle que la nymphoplastie…

F.H.

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Re: Articles sur la santé

#622 Messagepar Arnaud BASSEZ » mar. mai 23, 2017 1:30 pm

Publié le 19/05/2017
L’effet week-end, peut-être aussi la « faute » des malades !

De nombreux travaux ont déjà été consacrés à ce qu’il est convenu d’appeler « l’effet week-end », qui décrit le risque supérieur de mortalité associé aux hospitalisations les samedi et dimanche. Si ce risque semble désormais bien établi, les causes en sont beaucoup moins évidentes. Il a été dit (mais pas toujours par les auteurs des études) que l’origine de cet excès de mortalité pouvait être la diminution fréquente des effectifs dans les services hospitaliers pendant le week-end. Mais l’on peut toutefois s’interroger sur ce paradoxe : pourquoi cette situation de « sous-effectif » n’a-t-elle de conséquences délétères que pour les patients admis le week-end et non pour ceux qui sont déjà à l’hôpital ? Quoi qu’il en soit certaines autorités sanitaires se sont engagées à fournir la même offre de soin quel que soit le jour de la semaine. D’autres explications peuvent toutefois être évoquées : par exemple, il est possible que les patients admis au cours du week-end aient des caractéristiques différentes de ceux qui sont adressés les autres jours.

Une équipe du Royaume-Uni a voulu éprouver cette hypothèse. Les auteurs ont analysé les données de plus de 500 mille admissions aux urgences, concernant 257 mille individus. Au total 18 mille décès (4,7 %) se sont produits dans les 30 jours parmi les patients hospitalisés un jour de semaine et 6 070 (5,1 %) parmi les patients hospitalisés au cours du week-end. D’autres patients (n = 9 343) ont fait l’objet de 9 707 hospitalisations en urgence pendant les vacances, et parmi eux 559 (5,8 %) sont décédés avant 30 jours.
Des patients en moins bon état de santé

Mais les auteurs ne se sont pas arrêtés à ce constat et ont examiné les constantes biologiques et biochimiques dosées au moment des hospitalisations, reflétant l’état général des patients et l’existence d’une éventuelle dysrégulation métabolique ou d’une infection : numération sanguine, plaquettes, C-reactiv protéine, urée, bilirubine, créatinine, albumine, alanine-amino-transférase, phosphatases alcalines, sodium et potassium.

Des différences notables existent dans les résultats de ces dosages selon qu’ils concernent des patients admis aux urgences le week-end ou en semaine et il apparaît que ces résultats sont des éléments prédictifs puissants et indépendants de la mortalité à 30 jours. A tel point que l’ajustement pour ces résultats réduit sérieusement l’importance de l’effet week-end. Cet ajustement réduit de 33 % l’excès de mortalité associé aux hospitalisations du samedi, de 52 % celui des hospitalisations du dimanche et de 87 % l’excès de mortalité après une hospitalisation pendant les vacances. Plus précisément encore, avec l’ajustement pour les résultats des tests sanguins, le fameux effet week-end est limité aux admissions ayant lieu entre 11heures et 15 heures le samedi et le dimanche, sans excès de mortalité pour les admissions pendant la nuit.

Il ressort de tout ceci que la pénurie de personnel ne peut pas, à elle seule, être tenue pour responsable de l’effet week-end. Le degré d’altération plus important de l’état de santé des patients qui se présentent aux urgences à certaines heures du week-end semble entrer aussi en ligne de compte. Reste à étudier les raisons de ce phénomène. Selon les auteurs, ce pourrait être lié à l’organisation des soins de ville conduisant à un retard de prise en charge le week-end.

Mais l’on peut craindre aussi que les patients, alertés par la médiatisation du fameux effet week-end, retardent le moment de se présenter aux urgences, de crainte d’être moins bien soignés. Un effet « effet week-end », en quelque sorte.

Dr Roseline Péluchon
Référence
Walker AS et coll. : Mortality risks associated with emergency admissions during weekends and public holidays: an analysis of electronic health records. Lancet, 2017 ; publication avancée en ligne le 9 mai. doi: 10.1016/S0140-6736(17)30782-1.

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Publié le 22/05/2017
Mortalité accrue pour les gros consommateurs de viande rouge !

Certains travaux ont alerté sur le lien entre la consommation de viandes et le risque de décès prématuré. Ce lien n’est toutefois pas retrouvé dans toutes les études. Il est vrai que les viandes ne sont pas toutes du même type, viandes blanches, viandes rouges, viandes rouges transformées, etc., et qu’il n’est pas impossible que ces variétés aient des effets différents sur la santé. Car si 60 % de la population des Etats-Unis consomme les quantités de protéines recommandées, le type de viandes, en grande partie à l’origine de ces apports protéiques, peut être un élément intéressant à considérer.

C’est ce qui a été entrepris par une équipe états-unienne, sous la forme d’une étude populationnelle, à partir d’une base de données incluant plus de 530 mille participants âgés de 50 à 71 ans au début de l’étude et suivis pendant 16 ans. L’objectif était de déterminer l’association entre la consommation de différents types de viandes et de différents composants contenus dans ces viandes et la mortalité.
Devenir végétarien…

Le constat est sans appel et va conforter les végétariens dans leur choix. Il apparaît en effet une augmentation du risque de mortalité toutes causes chez les plus « gros » mangeurs de viande rouge en comparaison avec ceux qui en mangent le moins (Hazard Ratio 1,26 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] 1,23 à 1,29). La consommation de viande rouge augmente aussi le risque de décès pour 9 causes différentes (cancer, pathologie cardiaque, pathologie respiratoire, accident vasculaire cérébral, diabète, infections, maladie d’Alzheimer, insuffisance rénale chronique, insuffisance hépatique). Le lien est présent que les viandes soient transformées ou non.

Le fer héminique contenu dans la viande rouge et surtout les nitrates et nitrites présents dans les viandes transformées participent pour une large part à ce lien entre consommation de viandes et risque de mortalité. Une association indépendante est présente entre la consommation de fer héminique et de nitrates/nitrites et la mortalité toutes causes.
Ou se limiter aux viandes blanches

En revanche, à consommation égale de viande, ceux qui consomment plutôt des viandes blanches (y compris poissons) ont une réduction de 25 % du risque de mortalité par rapport à ceux qui en consomment le moins. La majorité des causes de décès considérées dans cette étude entretient une relation inverse avec la consommation de viandes blanches.

Les auteurs estiment que le stress oxydatif serait le responsable de cette association entre viande rouge et mortalité. Le fer héminique et les nitrates/nitrites sont des pro-oxydants et sont susceptibles de créer des dommages et une inflammation dans différents organes.

Il n’en reste pas moins que les résultats de cette étude observationnelle doivent être tempérés par la possibilité de multiples facteurs de confusion…

Dr Roseline Péluchon
Références
Etemadi A. et coll. : Mortality from different causes associated with meat, heme iron, nitrates, and nitrites in the NIH-AARP Diet and Health Study: population based cohort study
: BMJ 2017; 357: j1957.

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Publié le 18/05/2017
Un élan d’espoir mais en même temps quelques réserves après la nomination d’Agnès Buzyn

Paris, le jeudi 18 mai 2017 – La passation de pouvoir est chaleureuse. Marisol Touraine presse les épaules de celle qui va lui succéder dans quelques instants, en signe d’encouragement et d’affection. Le professeur Agnès Buzyn prend bientôt la parole, visiblement émue. Elle reconnaît qu’elle n’aurait jamais « imaginé être là un jour » tout en soulignant cependant que « c’est le travail de toute une vie ».

150 publications sur Medline

Si les deux femmes qui étaient réunies hier devant l’Avenue de Ségur ont de fait un point commun qui ne devrait pas être l’objet de critiques c’est leur colossale capacité de travail. Mais si Marisol Touraine l’a démontré comme député, conseillère politique et ministre, c’est comme médecin, enseignant et chercheuse qu’Agnès Buzyn l’a mis en évidence. Un rapide passage sur Pub Med permet de s’en convaincre non sans une once d’admiration : elle compte près de 150 publications scientifiques référencées. Les revues spécialisées en hématologie, telle la prestigieuse Blood, mais également plusieurs journaux plus généralistes comme les Annals of oncology ou le New England Journal of Medecine ont régulièrement présenté les travaux auxquels l’hématologue a participé ou qu’elle a dirigé tout au long de ces vingt dernières années.

A priori plus que favorable chez les étudiants et à l’hôpital

Cette excellence dans son domaine et son expérience en tant qu’enseignante, chercheuse et médecin hospitalier lui offrent aujourd’hui auprès d’une grande partie du monde médical une aura positive. Parmi les premiers à réagir à l’annonce de la nomination du nouveau ministre, l’Intersyndicat national des internes (ISNI) a ainsi salué l’arrivée de ce « médecin et enseignante-chercheuse à ce poste clé » et en a profité pour demander sans attendre une entrevue avec Agnès Buzyn au sujet de la réforme du troisième cycle des études médicales. L’enthousiasme est également palpable chez les représentants de la Fédération hospitalière de France (FHF) qui ne peuvent que se féliciter de retrouver à la tête du ministère une personnalité connaissant parfaitement le fonctionnement de l’hôpital. « Je dois (…) avouer que l’a priori est favorable. C’est une bonne experte des questions de santé. Il n’y a pas de raison de douter de sa capacité ».

Dogmatisme, positions arrêtées, conflits d’intérêt…

Si le monde hospitalier, dont la déception vis-à-vis de Marisol Touraine n’avait eu d’égale que l’ampleur de ses attentes lors de l’arrivée de François Hollande au pouvoir, se montre satisfait, les réserves sont plus grandes du côté des libéraux. Certains redoutent que l’attachement, jamais caché, d’Agnès Buzyn pour le secteur public favorise un peu plus les divisions entre monde libéral et monde hospitalier. D’ailleurs, certaines déclarations passées d’Agnès Buzyn concernant le paiement à l’acte ou encore les dépassements d’honoraires n’ont pas été oubliées. Ces observations « montraient une certaine méconnaissance » et signaient des « positions très arrêtées, d’aucuns diraient dogmatiques » se souvient ainsi Jérôme Marty, patron de l’Union française pour une médecine libre (UFML) avant d’ajouter faussement magnanime « Mais cela c’était avant ».

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) partage également cette inquiétude, en notant par exemple que le collège de la Haute autorité de santé (HAS), présidée depuis un an par Agnès Buzyn ne compte depuis plus aucun représentant du monde libéral. « Le passé de Mme Agnès Buzyn n’augure rien de bon pour l’avenir de la médecine libérale » a twitté sans nuance le patron de la CSMF, Jean-Paul Ortiz, se disant partagé entre « inquiétude » et « scepticisme ».

Parallèlement à ces réserves, d’autres prises de position passées d’Agnès Buzyn concernant la collaboration des experts avec l’industrie pharmaceutique sont aujourd’hui rappelées et appréciées avec une certaine circonspection. Enfin, le Monde remarque qu’elle devra également prendre soin d’afficher sa neutralité vis-à-vis de ses rapports avec l’INSERM dont le directeur général n’est autre que son époux.

« Je ne stigmatiserai jamais les médecins »

Mais les premières déclarations d’Agnès Buzyn qui font écho à des confidences passées pourraient apaiser certains esprits. « Il y aura un équilibre à trouver entre médecine de ville et l’hôpital. Nous allons travailler d’arrache pied. Nous sommes dans un gouvernement qui n’a pas le droit à l’erreur » a ainsi insisté le nouveau ministre hier, qui par cette mention préliminaire de la médecine libérale aura peut-être rencontré quelques échos favorables. Le ministre n’ignore d’ailleurs pas la psychologie du corps médical, elle qui analysait l’année dernière dans les colonnes du Quotidien : « C’est très facile de critiquer les médecins. Quand j’entends dire qu’on a du mal à les faire rentrer dans le rang, je dis que ça n’est sans doute pas faux, mais je connais l’exercice médical, qui est un art difficile (…). Mais je ne les stigmatiserai jamais parce que leur exercice quotidien est très difficile ».

Ça ne pourra pas être pire que Touraine !

Voilà des mots et un profil qui lui permettent aujourd’hui de séduire largement. Ainsi, loin des réticences de la CSMF et de l’UFML, MG France s’est « réjoui » de l’arrivée d’Agnès Buzyn, qualifiée de « femme très attachante, à l’écoute », qui « parle avec un calme remarquable et avec gentillesse » décrit Claude Leicher dans les colonnes d’Egora. Le patron de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a de son côté affirmé qu’elle était une « fine connaisseuse des questions de santé, parfaitement au fait des enjeux et des défis à relever ». D’une manière générale, le fait qu’il s’agisse d’un médecin apparait même chez les plus réservés, tel Jérôme Marty, comme un gage important. « Elle mènera sûrement son ministère dans le sens de la médecine et non celui de l’économie » observe ainsi le patron de l’UFML. Enfin, toujours fidèle à son esprit sarcastique, Jean-Paul Hamon, patron de la Fédération des médecins de France (FMF) note qu’en tout état de cause elle « aura du mal à faire plus mal que Touraine ».

Aurélie Haroche

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Arnaud BASSEZ
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#623 Messagepar Arnaud BASSEZ » sam. mai 27, 2017 4:04 pm

Publié le 23/05/2017 à 18:29 - Mis à jour le 23/05/2017 à 19:00
La suppression de 120.000 postes de fonctionnaires, souhaitée par Emmanuel Macron, mais aussi le probable gel du point d'indice ont été au coeur mardi des premiers contacts entre les syndicats de la fonction publique et leur ministre, Gérald Darmanin.

Paris, 23 mai 2017 (AFP) -

Si la baisse d'effectifs est maintenue, ce sera un "point de rupture", a prévenu la CGT, tandis que pour la CFDT toute "modernisation" de la fonction publique passe "d'abord par une réflexion sur les missions", ont indiqué à l'AFP les deux syndicats à l'issue de leurs rencontres.

FO a confirmé à l'AFP l'intention du gouvernement de supprimer 120.000 postes et de rétablir "un jour de carence" pour les fonctionnaires, mais, selon son représentant, Christian Grolier, "le ministre accepte aussi un débat de fond sur les missions et le service public de demain, ce qui orientera l'objectif gouvernemental".

Pour Bernadette Groison (FSU) "le ministre a redonné sans surprise la feuille de route d'Emmanuel Macron. Il a tenté de nous rassurer, dit-elle, mais la dimension budgétaire va peser".

Juste avant de débuter, le ministre de l'Action et des comptes publics, également en charge de la fonction publique, avait affirmé sur RTL que cette suppression d'effectifs, sur le quinquennat, serait un engagement "tenu".

"Les grandes orientations, nous les contestons, et nous n'avons pas eu d'éléments qui précisent les choses", a déclaré à l'AFP Jean-Marc Canon, représentant de la CGT fonction publique, qui a débuté la série de rencontres en début de matinée à l'hôtel de Cassini, ancien ministère de la fonction publique.

"La baisse des effectifs, comme (le fait) de scinder la valeur du point d'indice (qui sert à calculer la rémunération des fonctionnaires, NDLR) en fonction des versants de la fonction publique (Etat, hospitalière, territoriale), font partie des actes qui, s'ils sont posés, constitueront un recul majeur et un point de rupture pour la CGT", a-t-il averti.

- rendez-vous salarial -

Selon M. Canon, le ministre a par ailleurs indiqué qu'il n'y aurait "vraisemblablement pas de hausse de la valeur du point d'indice en 2017", ni rendez-vous salarial annuel. Un tel rendez-vous "pourrait être organisé au printemps 2018", a précisé un communiqué de la CGT plus tard.

Selon la CFDT, FO et la FSU, ce rendez-vous salarial, acté par l'ancien gouvernement, semble bel et bien prévu et pourrait se tenir avant la fin de l'année.

Mais "sans engagement sur le résultat", dit Mylène Jacquot (CFDT), "sans revalorisation du point d'indice à l'ordre du jour", précise Bernadette Groison (FSU) tandis que FO tient pour acquis le "probable gel du point pour 2018".

Ce point d'indice avait été revalorisé de 1,2% en 2016.

Interrogé par l'AFP, le ministère a indiqué que "des rencontres avec les organisations syndicales auront lieu avant la fin de l'année pour parler du pouvoir d'achat des fonctionnaires".

Le ministre a par ailleurs assuré dans un communiqué qu'il donnerait "la priorité à la discussion sur l'adaptation et la modernisation des missions", dans le souci d'un "dialogue permanent".

"On a dit nos attentes, on jugera aux actes", a déclaré Mme Jacquot, en saluant un ministre "plutôt à l'écoute".

"Nous n'irons pas autour d'une table pour discuter de comment on supprime 120.000 fonctionnaires. Si discussion il y a, elle doit être centrée sur les missions et la qualité du service public. Une modernisation aura des conséquences sur l'organisation du travail, les contenus, la formation (...) ce qui nécessite des accompagnements pour les agents", a-t-elle ajouté.

Les autres organisations syndicales seront reçues mercredi et la semaine prochaine. De nouvelles rencontres bilatérales sont prévues au mois de juin, avant une possible réunion plénière en juillet, selon les syndicats.
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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé

#624 Messagepar Arnaud BASSEZ » jeu. juin 08, 2017 8:53 pm

Accès aux soins de qualité : résultats d'une étude portant sur 195 pays, dont la France
Par Stéphane KORSIA-MEFFRE - Date de publication : 07 Juin 2017

En étudiant, dans 195 pays et territoires, les taux de mortalité pour 32 maladies dites "évitables en présence de soins adéquats" en 1990 et en 2015, les chercheurs de l’étude sur le "fardeau global des maladies" (Global Burden of Disease, GBD) ont mesuré l’évolution de l’accès individuel aux soins de qualité.

L'analyse de ces épidémiologistes, financée par la fondation Bill & Melinda Gates et publiée dans The Lancet en mai 2017, montre une amélioration significative de l’accès aux soins dans 167 pays au cours de ces 25 années.

La France n'arrive que 15e du classement établi par les auteurs, malgré des dépenses de santé parmi les plus élevées au monde. Les Etats-Unis, qui ont les dépenses les plus élevées au monde, ne sont que 35e...

Par ailleurs, cette moyenne en hausse masque des inégalités, avec un écart croissant entre les notes des pays les mieux notés (Europe Occidentale) et des moins bien notés (Afrique).

De plus, en corrélant, pays par pays, ces données à l’indice de développement socio-économique local, les chercheurs de la GDB ont pu mesurer le fossé existant entre l’accès aux soins réel et celui attendu en regard des performances socio-économiques de certains pays.

Ce fossé entre performances attendues et effectives montre que des marges importantes de progrès existent dans les conditions actuelles de développement, en particulier dans les pays du sud de l’Afrique et d’Asie centrale, ainsi qu’en Inde et en Indonésie.

Pour travailler à améliorer la santé des populations à travers le monde, il est indispensable de disposer d'indicateurs fiables tant en terme d'accès aux soins que de marges d'amélioration réalistes.

Depuis le début des années 1990, l'Étude sur le fardeau global des maladies, blessures et risques (Global Burden of Disease, Injuries and Risks Study, GBD) mesure la santé dans le monde et, en particulier, cherche à identifier les leviers d'action les plus favorables pour améliorer l'accès aux soins.

La GBD, animée par plus de 1 000 chercheurs dans le monde
La GBD est une initiative lancée par la Banque mondiale au début des années 1990 pour mesurer l'état de santé des populations à travers le monde et mieux informer les politiques de santé publique des différentes institutions internationales concernées par la santé.

Régulièrement, la GBD publie un état des lieux global et des articles sur les grands enjeux de santé publique, par exemple le tabac, la mortalité infantile, l'obésité, etc.

Depuis 2013, elle prend en compte 323 maladies et blessures et 67 facteurs de risque dans 195 pays, et regroupe plus de 1 000 chercheurs dans une centaine de pays. Elle est désormais financée par la Fondation Bill & Melinda Gates.

HQA, un indice d'accès aux soins de qualité fondé sur le taux de mortalité des maladies dites « évitables »
Pour mesurer l'accès individuel aux soins de qualité, la GBD prend en compte les taux de mortalité pour des maladies qui ne devraient pas être fatales en présence d'un système de santé de qualité facilement accessible (« mortalité évitable », par exemple l'hypertension artérielle, la tuberculose, la maladie de Hodgkin, l'appendicite, etc., voir Nolte et McKee, 2004).

Noté sur 100, cet indice dit « HQA » (Health Quality and Access) n'avait jusque-là été utilisé que pour les pays industrialisés.

Dans leur article de The Lancet publié en mai 2017, les chercheurs de la GBD ont étendu la mesure de ce indice à 195 pays, de 1990 à 2015, pour 32 maladies « évitables ».

HQA standardise aussi les facteurs de risque locaux
Afin de permettre une comparaison entre pays, les facteurs de risque locaux ont été standardisés (en particulier ceux liés à l'environnement local et aux comportements). En pratique, un niveau de risque moyen global a été calculé pour l'année 2015 et substitué aux valeurs locales de ces risques pour toutes les années.

Une standardisation similaire a été effectuée en terme de risque de déclaration de décès fausse ou manquante.

Les scores d'HQA mesurés ont montré une forte convergence avec d'autres marqueurs de l'accessibilité et de la qualité des soins : par exemple, les dépenses de santé par habitant, le nombre de professionnels de santé disponibles pour 1 000 habitants, ou les indices de couverture pour onze interventions de santé publique (vaccinations, dépistage de la tuberculose, visites prénatales, etc.).

L'indice « frontière », composite de l'HQA et de l'indice socio-économique local, pemet de mesurer le potentiel d'amélioration dans les conditions économiques actuelles
Pour les responsables politiques ou ceux d'ONG, il est essentiel de pouvoir rapporter l'indice d'accès aux soins de qualité local au niveau de développement économique du pays.

En effet, il est plus efficient en termes de ressources de se concentrer sur des pays où l'accès aux soins est inférieur à ce qu'il devrait être compte-tenu du développement socio-économique local. Des améliorations peuvent alors être apportées sans devoir attendre une amélioration socio-économique globale.

Pour qualifier et suivre dans le temps ce potentiel d'amélioration, les auteurs de l'article de The Lancet ont construit un indice dit « frontière », où l'HQA est rapporté à l'indice socio-économique local (revenu moyen par habitant, nombre moyen d'années de scolarisation, taux de fertilité).

Résultats : dans 167 pays, constat d'une amélioration sensible de l'accès aux soins de qualité entre 1990 et 2015
Dans leur article de The Lancet, les épidémiologistes de la GBD rapportent une amélioration notable de l'indice d'accès aux soins de qualité dans 167 pays sur 195, entre 1990 et 2015, avec une moyenne qui passe de 40,7 à 53,7 sur 100.

La Corée du Sud, la Turquie, le Pérou, la Chine et les Maldives. sont particulièrement concernés par cette amélioration,

Un écart accru entre les premiers et les derniers
En 25 ans, l'écart de valeur de cet indice entre le pays le mieux noté et le pays le moins bien noté s'est accru, passant de 61,6 points à 66,0 points :

Image
Indice d'accès aux soins de qualité (HQA) par pays en 1990 (en haut) et 2015 (en bas).

Andorre et les pays du nord en tête du classement, la France 15e, l'Afrique aux dernières positions
En 2015, le pays le mieux noté était Andorre avec 94,6/100, suivi par l'Islande, la Suisse, la Suède, la Norvège, l'Australie, la Finlande, l'Espagne, les Pays-Bas et le Luxembourg.

La France se situe un peu plus loin, à la 15e place (88 / 100). L'Allemagne est 20e, le Royaume-Uni 30e et les Etats-Unis 35e :

https://infogr.am/systemes_de_sante_les_20_meilleurs

Les 20 pays les moins biens notés étaient africains : le pays le moins bien noté est la République centrafricaine avec 28,6/100 seulement, précédée par l'Afghanistan, la Somalie, la Guinée-Bissau, le Tchad, l'Erythrée, Haïti, la Guinée, le sud Soudan et la RD Congo :
https://infogr.am/healthcare_access_and ... ountries-3
Des causes de mortalité « évitables » qui varient selon le niveau de développement économique
L'amélioration globale de l'accès aux soins de qualité n'est pas uniforme à travers l'ensemble des pathologies étudiées. L'analyse des causes de mortalité « évitable » qui diminuent le score global d'accès aux soins de qualité montrent qu'elles varient selon le niveau de développement socio-économique du pays :

Dans les pays industrialisés, ce sont essentiellement les cancers.
Dans les pays moyennement développés, ce sont l'insuffisance rénale chronique, le diabète, les infections provoquant des diarrhées et les infections respiratoires basses.
Dans les pays les moins riches, la rougeole et le tétanos sont les causes de mortalité « évitable » les plus fréquentes.


Un fossé entre accès aux soins réel et accès aux soins potentiel qui stagne depuis 25 ans, en particulier dans l'hémisphère sud
Entre 1990 et 2015, la différence moyenne entre le score d'accès aux soins de qualité réel et celui qui serait attendu au vu du niveau de développement local n'a que faiblement diminué, passant de 21,2 à 20,1 en moyenne.

Les chercheurs à l'origine de l'article de The Lancet ont calculé que, si le score réel était toujours celui attendu considérant les données socio-économiques locales, l'HQA global pour les 195 pays étudiés aurait été de 73,8/100 en 2015 (au lieu des 53,7 points observés).

Parmi les pays où le potentiel d'amélioration à données socio-économiques constantes est le plus grand, on compte les pays du sud de l'Afrique, l'Inde, l'Indonésie et les pays d'Asie centrale.

Des zones d'amélioration de l'accès aux soins sans attendre un éventuel développement économique
Les auteurs de l'article de The Lancet concluent que les indices utilisés dans ce rapport (HQA et indice « frontière ») semblent être des outils intéressants pour tous les acteurs concernés par l'amélioration de la santé publique dans le monde, l'accès individuel aux soins de qualité étant un bon indicateur de l'état de santé général d'un pays.

De plus, l'indice « frontière » semble permettre une optimisation de l'impact des ressources en terme de développement des structures de soins, en concentrant les actions non seulement vers les pays les plus démunis en termes de soins, mais également ceux dont le niveau de développement actuel n'est pas un facteur bloquant pour une amélioration locale significative.


Pour aller plus loin

L'article de The Lancet sur les données de la GBD 2015
GBD 2015 Healthcare Access and Quality Collaborators « Healthcare Access and Quality Index based on mortality from causes amenable to personal health care in 195 countries and territories, 1990–2015: a novel analysis from the Global Burden of Disease Study 2015 », The Lancet, 2017 May 18. S0140-6736(17)30818-8

L'article qui liste les maladies dites « évitables » et leur impact sur la santé globale
Nolte, E and McKee, M. « Does healthcare save lives? Avoidable mortality revisited. » Nuffield Trust, London, UK; 2004

Une présentation de la GBD
« About GBD »

Sources : The Lancet et vidal.fr
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Arnaud BASSEZ
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#625 Messagepar Arnaud BASSEZ » ven. juin 09, 2017 5:46 pm

Publié le 09/06/2017
Huit mois de prison ferme pour avoir agressé des infirmières aux urgences

Jossigny, le vendredi 9 juin 2017 – Dans la nuit du 30 au 31 mai, un homme de 29 ans, amené par les pompiers aux urgences de l’hôpital de Jossigny, avait violemment agressé les infirmières. Il s’en était pris verbalement à quatre d’entre elles qui tentaient de lui prodiguer des soins : « Je vais faire sauter l’hôpital… Je suis fiché S… Je reviens de Syrie… Je reviendrai avec des Kalachnikov… Je vais vous décapiter… Sales putes… Sales blanches » avait-il notamment vociféré. Il s’en est aussi pris à l’une d’entre elle en raison de son origine supposée, lui reprochant d’être une « mécréante », avant de frapper une infirmière au bras et de jeter à terre le tensiomètre…

Au tribunal, le prévenu, bras croisés, visage fermé, n’a pas reconnu les faits : « j’ai mis zéro coup à personne. C’est quelqu’un d’autre qui a parlé. » Il a également remis en cause les témoignages des infirmières : « elles disent la même chose car elles travaillent ensemble. » La présidente du tribunal a rétorqué : « Vous ne croyez pas qu’elles ont autre chose à faire, un métier à exercer ? »

« Mes clientes sont très affectées (…) Elles ont peur qu’il mette ses menaces à exécution. À l’occasion de ce procès, elles voulaient dénoncer “une situation quotidienne” » a plaidé Maître Anne-Sophie Chevallier.

Le tribunal correctionnel de Meaux a finalement condamné le prévenu pour menaces, violences et apologies du terrorisme à huit mois de prison ferme et a assorti cette décision d’un mandat de dépôt ainsi que d’une interdiction de séjour dans cet hôpital pendant trois ans. On ne sait pas encore s’il fera appel de ce jugement.

F.H. jim.fr


______________________

Drame de la maternité d’Orthez : l’hôpital à son tour mis en examen

Orthez, le vendredi 9 juin 2017 - L’affaire avait eu un retentissement important à l’automne 2014, notamment dans le corps médical.

Appelée pour réaliser en urgence l’anesthésie d’une parturiente nécessitant une césarienne, Helga Wauters, médecin d’origine belge employée à titre libéral par la maternité d’Orthez, s’était présentée ivre et avait commis une succession d’erreurs graves qui avait entraîné le décès de la patiente, âgée de 28 ans. Ce médecin avait alors été mis en examen et placé en détention provisoire avant d’être remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Cette semaine (soit près de 3 ans après les faits !) c’est au tour de l’hôpital d’Orthez d’être mis en examen pour homicide involontaire.

Une décision contre laquelle l’établissement a d’ores et déjà fait appel, son directeur, Frédéric Pigny rappelant que « pour concourir à la manifestation de la vérité, faire valoir ses préjudices et soutenir la famille de la victime et les agents du service public » l’hôpital s’était lui-même porté partie civile contre la praticienne.

Le rapport pathologique du médecin à l’alcool avait en effet rapidement posé la question de son recrutement. « C'est bien l'anesthésiste qui est directement responsable du décès de la patiente, mais il existe des causalités indirectes qui ont participé à ce que ce drame se produise (…) Le recrutement a été effectué de manière très cavalière, alors que l'anesthésiste avait été licenciée à deux reprises en Belgique pour son alcoolisme. Et une sanction de suspension aurait dû être prise à son encontre dans les jours qui ont précédé les faits » a ainsi souligné Maître Courtois, avocat de la famille de la victime auprès de nos confrères de la République des Pyrénées.

Néanmoins, soulignons que l’avocat de l’hôpital d’Orthez soutient que ce dernier n’est pas à l’origine de ce recrutement, en réalité réalisé par une clinique de la ville. La prochaine étape de cette longue procédure pourrait justement concerner cet établissement, qui pourrait rejoindre Helga Wauters et le centre hospitalier parmi les mis en examen.

F.H. jim.fr
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#626 Messagepar yves benisty » sam. juin 10, 2017 9:12 am

Arnaud BASSEZ a écrit :« Je vais faire sauter l’hôpital… Je suis fiché S… Je reviens de Syrie… Je reviendrai avec des Kalachnikov… Je vais vous décapiter… Sales putes… Sales blanches » avait-il notamment vociféré. Il s’en est aussi pris à l’une d’entre elle en raison de son origine supposée, lui reprochant d’être une « mécréante », avant de frapper une infirmière au bras et de jeter à terre le tensiomètre…

Je ne comprendrai jamais celui qui frappe la main qui le soigne.
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#627 Messagepar La Grosse Bertha » sam. juin 10, 2017 9:31 am

yves benisty a écrit :
Arnaud BASSEZ a écrit :« Je vais faire sauter l’hôpital… Je suis fiché S… Je reviens de Syrie… Je reviendrai avec des Kalachnikov… Je vais vous décapiter… Sales putes… Sales blanches » avait-il notamment vociféré. Il s’en est aussi pris à l’une d’entre elle en raison de son origine supposée, lui reprochant d’être une « mécréante », avant de frapper une infirmière au bras et de jeter à terre le tensiomètre…

Je ne comprendrai jamais celui qui frappe la main qui le soigne.


Il conviendrait peut-être mieux de dire "la main qui frappe celle ou celui qui le soigne", non?
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#628 Messagepar Arnaud BASSEZ » ven. juin 16, 2017 5:21 pm

Roubaix : 31 infirmiers déposent plainte pour harcèlement
16.06.17 par Aurélie TRENTESSE.

31 infirmiers ont déposé plainte contre X pour harcèlement et exposition aux risques psychosociaux. Un chirurgien d'une cinquantaine d'années, chef de service de l'hôpital Victor-Provo, est accusé de faire régner un climat de terreur au bloc opératoire depuis les années 2000.

31 infirmiers ont porté plainte contre X pour harcèlement et exposition aux risques psychosociaux au sein de l'hôpital de Roubaix. Les faits se sont déroulés au bloc opératoire.

Depuis son arrivée au sein de l'hôpital Victor-Provo en 2000, un chirurgien ferait preuve de violences morales et physiques à l'égard d'agents et de patients. 31 infirmiers ont décidé de porter plainte contre X pour harcèlement et exposition aux risques psychosociaux. Nous en appelons à la justice pour qu'elle soit rendue et que l'auteur des faits soit poursuivi et sanctionné comme tout un chacun pour des faits graves, avérés et répétés, écrivent-ils dans un communiqué commun. Et d'ajouter nous voulons pouvoir poursuivre notre mission dans des conditions relationnelles normales qui respectent notre intégrité physique.

Des dizaines de situations gravissimes

En tant qu'infirmière durant la prise en charge d'une carotide chez un patient, et étant alors instrumentiste, le docteur, une nouvelle fois dans un état de stress et d'énervement, m'a porté le bistouri froid au niveau de ma jugulaire, raconte l'une des victimes. Une vingtaine d'autres témoignages ont été adressés à la direction de l'hôpital, qui les a transmis au conseil de l'Ordre des médecins et au centre national de gestion. Les faits dénoncés sont particulièrement graves : humiliations, maltraitance envers les patients (insultes ou gifles données sous anesthésie locale) et les agents. Une pétition a été lancée dès 2003 mais la direction n'a jamais bougé car c'est un professionnel qui rapporte de l'argent à l'hôpital, dénonce Jacques Admaski, délégué CGT, dans lavoixdunord.fr. En décembre dernier, une IDE aurait reçu des coups de pied aux fesses sous prétexte qu'une intervention se serait mal passée. Depuis janvier 2017, le chirurgien est suspendu de ses fonctions hiérarchiques et l'accès au bloc lui est interdit par mesure de précaution.

"Par peur", aucune plainte n'avait visé le chirurgien jusqu'à maintenant et ces problèmes semblaient ne pas être connus des instances de l'hôpital. J'ai découvert quantité de choses qui ne sortaient pas des blocs jusqu'ici, indique le Dr Anne Liesse, présidente de la commission médicale d'établissement depuis deux ans. Le parquet de Lille a annoncé qu'il venait d'être saisi de la procédure et précise qu'il n'y a pas lieu de communiquer davantage dans l'immédiat. Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'établissement doit quant à lui se réunir le 21 juin 2017 de manière exceptionnelle pour évoquer cette situation.

Et après tu entends une connasse dire que se faire frapper est un droit.
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Re: Articles sur la santé

#629 Messagepar yves benisty » ven. juin 16, 2017 7:20 pm

[...] J'ai découvert quantité de choses qui ne sortaient pas des blocs jusqu'ici, indique le Dr Anne Liesse, présidente de la commission médicale d'établissement depuis deux ans.

Mais bien sûr...

Là, ça a l'air particulièrement violent, mais combien de chirurgiens ont des attitudes totalement inadmissibles envers le personnel ?
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Arnaud BASSEZ
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Re: Articles sur la santé

#630 Messagepar Arnaud BASSEZ » jeu. juin 22, 2017 11:22 am

Publié le 21/06/2017
Arrêt cardiaque à l’hôpital : on n’intube plus ?

Ces dernières années, la place de l’intubation trachéale (IT) lors d’un arrêt cardiaque chez l’adulte a perdu de son importance. Ainsi, en 2015, les principales sociétés savantes US ou européennes recommandaient, lors d’un AC, soit une simple ventilation au masque, soit une assistance respiratoire plus complète. A ce jour, la prise en charge idéale de la respiration en cas d’AC reste mal codifiée.

L W Andersen et ses confrères ont mené une vaste étude afin d’évaluer l’association entre IT et survie au sortir de l’hospitalisation après survenue d’un AC en milieu intra hospitalier chez l’adulte. Ils se sont aidés du registre multi centrique intitulé Get With The Guidelines -Ressuscitation (GWTG-R), dont le but est de recenser tous les AC survenus dans les hôpitaux US, en dehors des AC terminaux non à réanimer. La période étudiée va de Janvier 2000 à Décembre 2014. L’AC était défini, comme habituellement, par l’absence de pouls nécessitant un massage cardiaque externe (MCE) et/ou une défibrillation en urgence. L’IT consistait à la mise en place d’une sonde endo trachéale ou la réalisation d’une trachéotomie en cours d’arrêt. Les patients déjà porteurs d’un dispositif d’assistance respiratoire, hormis une simple sonde à oxygène naso ou oro pharyngée, étaient exclus de l’analyse tout comme les AC survenus chez les visiteurs ou le personnel hospitalier. Les patients intubés entre le début de l’AC et la 15eminute ont été appariés à d’autres patients victimes d’un AC mais non intubés à la même minute de la ressuscitation, selon un score de propension temps dépendant, fonction de données propres au patient, à l’arrêt et à l’hôpital où était survenu celui-ci.

Le critère essentiel retenu était le pourcentage de survie après la sortie d’hospitalisation. Les deux autres critères étaient le pourcentage de retour à une circulation spontanée (ROSC), définie par l’absence de nécessité de nouvelles compressions thoraciques pendant au moins 20 minutes et en l’appréciation de l’état neurologique en fin d’hospitalisation, un déficit neurologique absent, minime ou modéré (score 1 à 2) étant considéré comme une bonne évolution. Il y a eu plusieurs analyses de sous-groupes pré définis : celui de patients avec un rythme cardiaque initial potentiellement accessible à un choc électrique externe (tachycardie ventriculaire sans pouls décelable ou fibrillation ventriculaire) vs ceux en asystolie ou sans activité électrique et également celui des patients présentant une insuffisance respiratoire pré existante vs ceux sans détresse respiratoire grave.
Moins de 25 % de survie

La cohorte rétrospective, tirée de GWTG-R, inclut 108 079 malades, issus de 688 hôpitaux US distincts. Leur âge moyen est de 69 ans (intervalle interquartile, IQR, entre 58 et 79 ans) ; 45 073 (42 %) sont des femmes. Au total, 71 615 (66,3 %) ont été intubés dans les 15 premières minutes de l’arrêt, 336 (0,5 %) étant trachéotomisés. Au fil des années, le pourcentage de malades intubés dans les 15 premières minutes a diminué, passant de 70,0 % en 2000 à 63,6 % en 2014 (p < 0,001), le délai moyen pour la mise en place du tube endo -trachéal se situant à la 5e minute (IQR : 3-8 minutes). Sur l’ensemble de la cohorte, 88 749 patients en AC présentaient, au départ, un rythme cardiaque non accessible à un CEE ; 69,0 %(n = 61 264) ont été intubés dans un délai moyen de 5 minutes. Les 19 330 autres avaient un trouble du rythme ventriculaire majeur (TV ou FV) ; 53,5 % (n = 10 351) ont été intubés, là encore, en moyenne, à la 5eminute (IQR : 3-8). Sur la totalité de la population d’étude, 24 256 patients ont survécu à l’AC (22,4 %) et ont pu quitter l’hôpital.
Taux de survie plus faible encore en cas d’intubation dans les 15 premières minutes

En analyse non ajustée, les patients intubés dans les 15 premières minutes d’un AC ont eu une survie plus faible que ceux qui n’avaient pas eu d’IT : respectivement, 12 140/71 615 (17,0 %) vs 12 116/36 464 (32,2 %), soit un risque relatif (RR) calculé à 0,58 (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 0,57- 0,59 ; p < 0,001). Au total 67 540 patients ont eu un ROSC (62,5 %) ; là encore, le pourcentage de récupération est moindre en cas d’IT : 42 366/71 611 (59,2 %) vs 25 174/ 36 461 (69,0 %), soit un RR à 0,75 (IC : 0,73- 0,76 ; p < 0,001). Enfin, sur les 103 448 patients dont l’état neurologique de sortie est mentionné, 16 504 (16,0 %) présentaient un bon état fonctionnel. Comme pour la survie globale et le retour à un ROSC, le pourcentage d’évolution favorable est plus faible en cas d’IT : 7 717/69 212 (11,2 %) face à 8 787/34 236 (25,7 %), soit un RR à 0,55 (CI : 0,54- 0,56 ; p< 0,001).

Il a été procédé à un appariement de 43 314 patients intubés à des patients non encore intubés à la même minute. L’intubation avait été réalisée en moyenne à la 4e minute de l’AC (IQR : 2- 6). Il est constaté également que la survie est plus faible en cas d’IT : RR à 0,84 (IC : 0,81- 0,87 ; p < 0,001). Le RR pour un ROSC se situe à 0,97 (IC : 0,96- 0,99, p< 0,001) et celui de bonne récupération neurologique à 0,71 (IC : 0,75- 0,81 ; < 0,001).

L’analyse des sous-groupes pré définis laisse apparaître que la survie a été plus faible chez les patients intubés qui présentaient un trouble du rythme choquable (RR : 0,68, IVI : 0,65- 0 ,72) vs ceux non accessibles au CEE (RR : 0,91 ; IC : 0,88- 0,94). L’existence d’une insuffisance respiratoire avant AC a aussi eu un impact notable, avec une survie moindre en cas d’IT en l’absence d’insuffisance respiratoire (RR : 0,78 ; IC : 0,75- 0,82 vs un RR à 0,97 ; IC : 0,92- 1,02) en cas de détresse respiratoire pré existante. Le timing de l’IT, entre la 1e et la 15e minute ne modifie pas les résultats globaux. Des analyses de sensibilité intégrant des données manquantes (chez 35 731 patients, soit 24,8 % de l’ensemble) ou des analyses post hoc sans score de propension fournissent des données identiques.

Ainsi peut-on conclure de cette vaste étude observationnelle, rétrospective et multi centrique qu’une IT réalisée dans les 15 premières minutes d’un AC, comparée à une non intubation à la même minute, est associée à une survie plus faible au sortir de l’hôpital, la baisse étant de 3 % en valeur absolue et de 16 % en valeur relative. Elle est aussi associée à un moindre ROSC (baisse respectivement de 2 et 3 %) et à une moindre récupération neurologique (moins 3 et 22 %). Ces résultats rejoignent ceux de rares études antérieures et d’une méta analyse en 2013 ayant porté sur des AC extra hospitaliers. De multiples mécanismes peuvent être à l’origine de cette association IT et évolution péjorative lors d’un AC. La mise en place d’un tube endo trachéal entraîne un arrêt plus ou moins prolongé des compressions thoraciques ; elle peut être cause d’hyperventilation et d’hyperoxie ; elle peut retarder d’autres manœuvres vitales telles qu’une défibrillation ou l’injectiond’adrénaline ; elle peut être en échec, avec, par exemple, intubation œsophagienne, aggravant encore les conditions cardio respiratoires. Les résultats de ce travail doivent, toutefois, être nuancés par quelques réserves. Il s’agit d’une étude observationnelle et donc de possibles facteurs confondants comme la compétence technique et l’expérience du médecin réanimateur ont pu jouer. Les tentatives infructueuses d’IT n’ont pas été comptabilisées. Il y eu des données manquantes dans près de 25 % des observations analysées…

En conclusion, chez des adultes en AC, la réalisation d’une IT lors des 15 premières minutes de l’arrêt, en comparaison à une non intubation, est associée à une moindre survie au sortir de l’hospitalisation. Bien que cette étude ne puisse éliminer des facteurs confondants potentiels, elle n’est pas en faveur de la pratique d’une intubation précoce dans les AC intra hospitaliers de l’adulte.

Dr Pierre Margent
Références
Andersen L W et coll. : Association Between Tracheal Intubation During Adult In-Hospital Cardiac Arrest and Survival. JAMA, 2017; 317:494-506. doi: 10.1001/jama.2016.20165.

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la santé est un état précaire qui ne laisse augurer rien de bon.


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